Les signes cliniques sont variables d'une espèce (chien, chat, cobaye...) mais également d'un individu à l'autre. On peut observer:
• une perte de poils (alopécie) circulaire d’évolution centrifuge lente
• une dermatite avec rougeur et pellicules
• un pelage gras
• une dermatite squameuse généralisée (pellicules sur l’ensemble du corps)
• une dermatite milliaire (multiples petites croûtes) chez le chat
• une atteinte de la base de l’ongle (périonyxis) ou de l’ongle (onyxis)
• une lésion inflammatoire très localisée (kérion)
Dermatophyte_Chat_faceDermatophyte_kerion
A gauche: Alopécie focale. A droite:Kérion

Le diagnostic
La suspicion clinique doit toujours être confirmée par un diagnostic rigoureux. Celui-ci repose principalement sur quatre examens complémentaires :
• l’examen en lumière de Wood : recherche d’une fluorescence « vert pomme » des poils atteints
• la mise en évidence d’élément fongique au microscope
• la culture fongique
• la mise en évidence de champignon dans des biopsies
Dermatophytosis_Wood_T.GustinDermatophyte Equin
A gauche: fluorescence à la lampe de Wood. A droite: poils teigneux au microscope

Le traitement
Vu le caractère très contagieux de la teigne et le grand risque de zoonose (transmission à l’homme), il est recommandé de soigner au plus vite cette affection (Les dermatophyties peuvent parfois guérir spontanément). Les objectifs du traitement seront donc d’obtenir un rapide guérison mais aussi de prévenir ou au moins diminuer la dissémination des spores (éléments infectants) dans le milieu et donc de limiter la contagion :
• La tonte des animaux à poils longs est conseillée pour éliminer les poils infectés. Cependant, cela peut aussi parfois aggraver la situation pendant les premiers jours. En effet, la tonte peut occasionner des microtraumas cutanés et favoriser l’implantation de champignons sur la peau.
• Les traitements topiques doivent être utilisés sur l’entièreté du corps dans la majorité des cas car ils contribuent à neutraliser les spores et donc à limiter la contamination de l’environnement.
• Le traitement systémique (oral), les molécules les plus intéressantes sont la griséofulvine, le kétoconazole et l’itraconazole.
• Le traitement de l’environnement est primordial car les spores peuvent survivre jusqu’à 18 mois dans l’environnement. Dans une maison où séjourne un chat infesté, on peut dénombrer jusqu’à 1000 spores/mètre cube d’air. Le nettoyage mécanique avec utilisation d’un aspirateur est déjà bien efficace (le sac contaminé sera détruit). Une désinfection (eau de Javel à 10% pour les surfaces le permettant) des locaux est idéale ; elle sera impérativement répétée pendant toute la durée de traitement de la teigne.
• La vaccination a fait naître de grand espoirs mais, jusqu’à présent, aucune évidence scientifique ne permet d’en recommander l’utilisation